C’est un fait, l’homme adore dessiner des pénis. Le meilleur exemple ? Ceux que j’efface inlassablement de mon tableau Veleda chaque matin et le plaisir que cela semble procurer à mes collègues qui les dessinent à nouveau chaque soir.
Je ne vais pas me lancer dans un historique du dessin de zizi (je laisse cela à NFX) mais simplement m’attarder un peu sur un rituel assez étrange de l’époque Gallo-Romaine. Il semblerait en effet que là où l’on dessinait un pénis, cela devenait un objet « magique » et protecteur. En témoigne ces extraits des lectures sur les « talismans » en bois de cervidé (R.A.E. 1955). Pour le coup, pas grand chose à ajouter, les extraits parlent d’eux-même :
« Comme certains disques de Besançon ce dernier est décoré d’un phallus, ce qui confirme le caractère magique de ce genre d’objet (…) ».
« (…) les gallo-romains avaient pour habitude de porter, cousus sur leur habits, des disques en bois de cerf ou d’élan, souvent décorés de phallus qui les accompagnaient dans la tombe. Ils pensaient ainsi se protéger de la malchance et des maléfices. »
« Dans cette tombe, selon J.-J. Hatt, les perles, les défenses de sangliers et les coquillages étaient sûrement reliés entre eux et les médaillons devaient être cousus sur les vêtements du défunt pour le protéger des « maléfices » et de la malchance (Hatt, 1955). Cette remarque est renforcée par la présence de phallus stylisés qui décorent deux de ces médaillons. Ils pourraient avoir un rôle protecteur pour l’aurige et son attelage, et peut-être un rôle d’apparat »
Pourquoi les phallus protégeaient des sorts ? L’explication est en réalité assez simple : les romains, comme d’autres peuples à l’époque, prêtaient un véritable culte au phallus, notamment par l’intermédiaire du dieu Priape. Ainsi, en plus d’une simple évocation de la virilité, le symbole phallique servait ni plus ni moins à protéger des mauvais sorts : un phallus sur une borne ? Les voyageurs sont préservés des mauvais sorts ! Une inscription de phallus sur un arbre ? Les champs avoisinants sont protégés des mauvaises récoltes. Une statue en bois avec une verge énorme dans le jardin ? Les démons n’ont aucune chance !
Qui sait, peut-être mes collègues protègent-ils mon bureau des mauvais sorts la nuit…
Un toast proposé par l’ami Bob qui, je cite, ne se prive jamais d’un « penis penis penis lol »